Avec les évènements récents de Fukushima et avec la pénurie rapide des compteurs Geiger chez les revendeurs, les électroniciens en mal d'idées se sont lancés dans l'élaboration de leur propre compteur Geiger. Quelques idées astucieuses ont émergé comme entre autres: kits Arduino, l'utilisation de la circuiterie électronique de flashs d'appareils photo jetables, élévateurs à base d'oscillateurs à transistors, CI triggers de Schmitt, NE555, circuits d'alimentation à découpage élévatrice, élévateurs diodes/capa, ou une combinaison des principes précédents. Elec3i s'est aussi intéressé à ce phénomène afin de proposer une solution simple à partir des oscilloscopes Hantek de la série DSO8060. L'idée est de ne pas développer l'oscillateur nécessaire à l'étage élévateur de tension, circuit principal de tout compteur Geiger. En effet, le DSO8060 est un oscilloscope numérique 2 x 60 MHz et qui intègre, outre un multimètre numérique de 6000 points, un générateur de signal 25MHz (DDS). Le générateur sinusoïdal ou carré suivant le type d'élévateur choisi, peut être utilisé à bon escient en programmant le DDS de l'oscilloscope avec le type de signal choisi, sa fréquence, son amplitude et son offset le cas échéant. Mieux encore, il suffit d'enregistrer dans l'oscilloscope le signal choisi avec ses paramètres et de se constituer une petite base de signaux adaptés au tube Geiger que l'on possède. Il est en effet assez aisé de se procurer des tubes Geiger sur Ebay afin d'en tester les caractéristiques. Ces tubes sont adaptés à une plage de tension d'utilisation donnée, et jouer sur l'amplitude ou la fréquence du signal oscillant permettra d'obtenir la tension d'excitation du tube. Autre caractéristique intéressante du DSO8060 est sa faculté d'afficher à son écran un compteur en même temps que le signal. L'utilisation de sondes 1:100 est fortement recommandé (CF Sondes Hantek T3100 disponibles chez Elec3i), d'une part pour vérifier la sortie continue du générateur haute tension de votre compteur Geiger et ne pas détériorer votre oscilloscope, mais aussi de ne pas se laisser surprendre par la mesure classique de tension sur un multimètre numérique classique, ce qu'il risque de ne pas apprécier (à cause des protections limites en tension sur pas mal de modèles). D'autant que l'impédance d'entrée des multimètres classiques risque de fausser les mesures et pousser l'opérateur à augmenter la tension du générateur HF jusqu'à la destruction inévitable de l'appareil de mesure, voire même du tube Geiger... En effet, un Tube Geiger représente une impédance d'entrée de plusieurs dizaines de mégohms, et une sonde même passive 1:100 convient bien à la mesure sur l'oscilloscope (entraînant quand même une erreur de mesure, mais gérable). Programmer le signal de sortie du DDS de l'oscilloscope et l'appliquer en entrée de l'oscillateur du compteur Geiger, vérifier le niveau de sortie du générateur HF, puis sauvegarder le signal dans le DDS, Si vous n'avez qu'un tube à gérer, sauvegarder le signal de sortie DDS en validant la sortie SYNC du DDS: cela permettra au DDS de générer ce signal par défaut à chaque mise sous tension du DSO. Utiliser la sonde oscilloscope 1:100 pour mesurer les impulsions en sortie du tube Geiger grâce à une résistance de pied adaptée. Allez dans le menu "UTILITY" de la partie DSO et valider le comptage en nombre d'impulsions. Paramétrer le canal de saisie du signal en mode de déclenchement NORMAL avec une base de temps rapide car il n'y a pas à ce niveau d'interface électronique à monostable; on récupère les impulsions positives sur la résistance de pied et on peut obtenir suivant les montages des impulsions de 100nS avec des amplitudes de plusieurs dizaines de volts.

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Vous verrez rapidement les impulsions s'afficher à l'écran et le compteur s'incrémenter de manière aléatoire (1 impulsion /5S ou plus rapide en fonction de la sensibilité du tube et de l'environnement saint immédiat). La lecture du compteur permet, en absence de signal auditif, d'appréhender le nombre d'impulsions par minutes délivrées par le tube. L'approche d'une matière radioactive faible (aiguilles phosphorescentes de vieux réveils, quelques tubes de stabilisateurs de tension, certaines lampes ionisantes, ou mieux encore: vaisselle ancienne opaline qui incorpore de l'uranium naturel et qui devient phosphorescente à l'aide de lumière UV).

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Voilà pour faire plus quantitatif, il suffira d´écrire un petit programme en Java ou en Processing (le plus immédiat) à l'aide la bibliothèque SDK du DSO afin d'afficher sur votre PC le nombre d'impulsions par seconde, voire une conversion en micro-Sieverts.